samedi 8 décembre 2012

Visages de l’Echelle de la Chaise et du Feu de Serge Pey

XI
Mére
encore
maintenant que je
suis mort
veux-tu       scier
mes pieds
pour   les    faire
pousser
dans la terre
Mon visage avale
ton ombre
en mettant le feu
au feu
et la pierre à   la
pierre
et fait tourner un
serpent
comme         un
cerceau
de peau

Car mon nom  a
besoin
d’un visage pour
que   je    puisse
l’appeler
dans   le    plein
minuit
de la lumière

Mon père
fait un trou dans
le jour
et crie  avec  un
verre d’eau
dans   la    main
gauche
et    une   torche
dans la droite

Mon père
met   le   feu   au
paradis
et   veut  éteindre
l’enfer
car   il  a   trouvé
ce qu’il cherchait
sur  la  frontière
fragile
qui sépare le mot
d’un mort

Ressusciter
c’est enterrer les
mots
sous la ville
et     faire   des
verbes avec les
morts

Mon père lave
ses pieds
dans sa propre
salive

Chaque jour
il recommence sa
bouche
avant de  manger
le pain
ou   nous    dire
adieu

Chaque nuit
il défait ses dents
et      laisse     sa
bouche   sur    la
table   dans    un
verre
avec     d’autres
mots qui se sont
arrêtés de parler

*****
XV

Car tout  visage
est    la    pierre
d’angle
du cercle perdu
et seul
qui tourne dans
le plus intime
de    l’Hors-de-
nous

Car      si    nous
acons deux yeux
c’est        qu’un
second    visage
tremble
derrière    notre
bouche

Comme si un de
nos bras
voulait    exister
seul
contre l’autre
et que nos deux
mains
se battaient et se
faisaient
la guerre    pour
prier

*****

XVIII

Comme       une
pierre exacte
dans   un    trou
exact
un visage tombe
dans    un  autre
visage

Comme un verre
d’eau
dans    un  verre
d’eau
ou un arbre dans
un arbre

Comme         le
poignard  d’une
fleur
ouvre le matin
et   dévoile    le
ventre    de   la
lumière

Comme       une
main
égorge le vent
et    l’offre    au
premier passage
d’une mouche

Comme l’oiseau
qui ne vole pas
posé    sur    une
fenêtre de l’air

Comme       le
jardinier
qui ne regarde
pas l’abeille
et qui ne cueille
pas la fleur

Comme
l’harmonie noire
du sang de juin
qui  coule   entre
les secrets
du compas

Comme               le
compas
qui  ne    sait    plus
tracer son cercle
et   boite  avec  son
rayon fracassé

Comme          une
femme
devant sa porte
qui lave à  la main
la  philosophie  de
la nuit


Visages de l’Echelle de la Chaise et du Feu 
Serge Pey
Editions Bernard Dumerchez

vendredi 19 octobre 2012

"Pointe des pieds sur le balcon" d'Albane Gellé

debout   première   fois   marchant
tenir  un  enfant   par  l'enfance  en
mouvement de trapéziste laisser sa
                                                        main lâcher ma main.

*
Lunettes  pas  noires  et  quatre   à
quatre      les    escaliers    grimpant
glissant     le souffle   court    souffle
coupé   souffle   essoufflé poumons
                                                       épaules colonne droite vertébrale

*
 En  paix  debout  milieu  chaos  les
choses pourtant s'accordent vite je
te nous verse des paysages dans la
gorge      pour    une   voix     large
                                                       redressant les hommes et bêtes.


Albane Gellé
"Pointe des pieds sur le balcon"
Editions La Porte
Contact pour commander un recueil ou vous abonner (20 euros pour 6 numéros) : 
Yves Perrine, 215 rue Moïse Bodhuin, 02000 Laon.


dimanche 14 octobre 2012

"Dans la poigne du vent" de François-Xavier Maigre

Aujourd'hui encore
j'aime janvier pour la franchise de sa morsure
cette insidieuse adresse à creuser mes phalanges
cette décharge blanche à poumons tirés
cette soie tranchante qu'il faut passer au corps
cet avant-goût lointain de ciel
cette façon brutale de me dire
réveille-toi
écris tant qu'il est l'heure
écris! avant de pourrir
et de ne plus en avoir besoin

écris...


*****

L'enfance des paysages,

Ce sont ces heures précoces
où le temps balbutie

Ces grands volets qui grincent
sous des doigts porcelaine

Ces champs de tournesols
hésitant à s'ouvrir

Et ces brèves lueurs
qui finissent un jour

Dans nos poèmes.


François-Xavier Maigre
Dans la poigne du vent
Éditions Bruno Doucey

http://fxmaigre.blogspot.com/

lundi 8 octobre 2012

77 poèmes et des poussières d'Olivier Cousin

FACE A L'IROISE

A la pointe sud-ouest d'Ouessant
lande où le mauve s'acharne sur le vert
une parcelle parfaite d'Armorique
pour relire Beckett et ses hommes sans voie
En mire rayonne un roi chahuté par les flots
Le phare de la Jument à la rouge couronne
guide de son sceptre-spectre de majesté
les insolents qui tentent encore d'aller
oublier le monde à Tír na nÓg

Sur le continent à la renverse du soleil d'été
entre Saint-Samson et Penfoul
la mer ne veut rien partager avec la lande
Elle talocherait les rochers
recouverts de giroflées sauvages
s'ils n'étaient placés sous la protection 
de saint Conservatoire-du-littoral
Parfait que c'est - matt pell' zo -
pour replonger dans les pages d'Yves Elléouët

Un vieux ciel zébré de rose tire sa révérence
à la petite fontaine votive sur la dune
et à la source qui n'arrive pas à se faire entendre
- Qui la prendrait au sérieux dans ces parages?
Comme si saint Samson pissotait dans les vagues - 
Oyez mon remède pour amadouer l'Iroise
j'écoute deux fois plutôt qu'une
les chroniques qu'elle entend proférer
(Mais à la nuit tombée c'est une autre histoire)


Extrait de "77 poèmes et des poussières" d'Olivier Cousin, éditions La Part Commune


jeudi 30 août 2012

"X fois la nuit" de Patricia Castex Menier



L'aurore
est son objet d'orgueil,

tel
un enfant si différent,

qu'on a pourtant tiré de soi

*****

Le
jour est trop contraire :

elle
n'a pas de frère.

Seuls
Les deux crépuscules

Sont
princes de même sang.

*****

La
bienveillante, la bannie,

celle
que les maîtres ont bafouée,

au
nom de quelle lumière?

*****

Sa
piété, la première à s'avancer :

bien
avant nous

elle
a posé le pied

sur
les champs de bataille

et
reconnu les corps.

*****

L'aurore
au moins serait son petit
mené à terme.

Mais
elle beugle déjà,

c'est
l'incendie
dont elle accouche :

les
missiles ont éventré
sans sommation

les
grandes étables du ciel

*****

Les
assassins auparavant

l'avaient
conduite au taureau
de leur orgueil.

Gésine
ensuite qu'on surveille
sur les cartes

puis
bombes
mises bas.

*****

Sanie
et placenta

qu'elle
abandonne
sur le terrain,

les chiens
du jour
apprécieront.

C'est
encore au Levant

que
se prépare
l'équarrissage.


Extraits de "X fois la nuit" de Patricia Castex Menier, éd Cheyne






« des cailloux qui flottent » de François de Cornière

VOILA

Par la fenêtre de mon bureau
un cerisier un mur
et des immeubles.

Ecrire pourtant mon horizon.

*

Le soleil donne sur le tapis.
Ma chienne sursaute
après les mouettes.

Et moi après les mots.

*

Rangée de livres derrière ma tête
contre le mur
qui lisent par-dessus mon épaule

et me soufflent parfois.

*
Notes en arrêt sur un carnet.
A la même place sur l’étagère
ou sous la main.

Attendent mon heure.

*

Lettres classées triées gardées
dans un dossier
comme des photos pour un album.

Me reconnaître moi ou un autre.

*

Silence du poste quand j’écris.
Seules des voitures
un peu plus loin

tracent des traits.

*

Sur le divan sous la fenêtre
l’amour parfois
qui fait tomber les mots faciles

qu’on n’écrit pas.

*

La cheminée en plein été.
Quand il pleut sur le jardin
les gouttes y tombent

et laissent des marques.

*
La lampe la nuit.
Et quand tout dort
dans la maison

les mots qui sortent.

*

Derrière la cloison
j’entends ma fille rêver
et tourner les pages

que nous avons signées.

*

Un jour ou l’autre
plier une feuille ouvrir une porte
l’instant venu de dire

voilà.



Extraits de « des cailloux qui flottent » de François de Cornière, éd. Le Dé Bleu

jeudi 29 mars 2012

Bernard Noël

Impression générale sur Bernard Noël après l’avoir rencontré à Rennes, avoir lu « extrait du corps », le n°49 de la revue NU(e) et le n°21 de la revue CCP :

Ecrire la secousse en épicentre Je, avec tous ses émois collatéraux. Y chercher des liens existants ou n’ayant jamais existé. Co-incidences, liens de connivence entre les catastrophes. Je est une catastrophe et ce lien n’est parfois que simple illusion. Mais trouver cette illusion c’est déjà accepter le lien. Tout tremblement a un lien avec l’illusion. L’intervalle ente l’illusion et la sismologie du corps est inscrit sans doute dans les gènes. C’est à l’artiste qu’il revient de le faire apparaître.
Je est au centre du triangle illusion-émotion-art. L’émotion s’exprimant souvent par tremblements, l’artiste doit résister à cette magnitude qui emporte beaucoup de monde. Mais résister n’est pas forcément combattre. Se laisser porter par la confusion fait sûrement avancer plus loin encore.
Le poème aussi est dans ce triangle. Il devrait pouvoir se mesurer en magnitude, tout comme l’Homme. Quel horrible expression : mesurer le poème ! Mais c’est pourtant de cela dont il s’agit. Le poème ne naît pas d’une image mais de la force invisible que celle-ci nous procure. Il n’est de preuve que l’écoute de son corps dans la réception de cette chaleur dans la précipitation des mots au bout des doigts. Et puis la mesure en référence au rythme du poème…
Mais alors Je en épicentre, est-ce à dire son esprit, son corps?
L’esprit est un mouvement d’imbrication de milliers d’éléments immatériels que le poète cherche à étaler sur sa table de travail. Le blanc de sa page immaculée lui permet d’en apercevoir le moindre détail qu’il ne verrait pas autrement.
Ecrire c’est faire apparaître et lire d’une façon autre. Il ne s’agit pas d’un négatif/positif comme en photographie mais juste un passage dans l’intervalle du sens. Juste prendre le parti du sillage pour emmener le lecteur là où il ne pensait pas aller. Rien de pire que ces romans dont on devine la fin et les ficelles. Et dans cet imbroglio d’imbrications, le poète y met tout le poids de son corps comme levier. Pour provoquer, mettre sa voix devant, l’éboulis créateur comme l’explosif qui fait partir l’avalanche destructrice.
J’écris cela en pensant à Bernard Noël, lui qui a extrait du corps bien des épicentres. La magnitude de cet homme là est inversement proportionnelle à la douceur de sa voix. Sans combattre, une parole peut faire magnitude. Celle de Bernard Noël assurément.

jeudi 15 mars 2012

"Terminus Rennes" de Jacques Josse

Voilà une injustice réparée. Rennes n'était jusqu'alors que peu présente en littérature. De nombreux auteurs y ont pourtant vécu, y ont des attaches, y sont passés, mais sans vraiment que cette ville leur laisse un souvenir tellement important qu'ils éprouvent le besoin de l'écrire dans un ouvrage littéraire. Descartes, Paul Féval, Villiers de L'Isle Adam, Alfred Jarry, Lecomte de Lisle, Chateaubriand y ont bien séjourné mais n'en ont laissé que peu de traces dans leurs écrits. D'autres villes comme Nantes ou Fougères ont eu plus de chance…

Jacques Josse est celui par qui cette injustice est réparée. Ecrivain rennais, il est l'auteur de plusieurs recueils de petits textes brefs qui parlent de la Bretagne qu'il aime tant. Dans ce "Terminus Rennes", il s'agit bien de littérature et non de ces romans du terroir qui fleurissent un peu partout et souvent construits à partir de recettes identiques. Non là il s'agit de faire œuvre de création et se faire télescoper la littérature mondiale (Milan Kundera, Henri Thomas, Jack Kerouac, Georges Perros, Jean-Claude Pirotte, John Giorno, etc.) avec la mythologie rennaise. Vraiment salutaire que cette plongée dans les souvenirs communs à de nombreux rennais : Le mur Dubonnet (qui va bientôt être détruit) de la place Sainte Anne, la librairie Les Nourritures Terrestres que plusieurs générations d'auteurs, étudiants ou tout simplement passionnés de littérature ont fréquentée, la tour des horizons du haut duquel a sauté récemment un jeune parachutiste.

Jacques Josse esquisse aussi les mythologies futures des générations prochaines : le métro, la place de la République, la rue Saint Michel, la rue Saint Melaine, la zone industrielle sud-est, la friche de la ZI Chardonnet et bien sûr la rue Armand Rébillon où se confondent la villa Beauséjour et la Maison de la Poésie.

Quelques absences sans doute : la brasserie Kronembourg réaménagée en immeubles, le marché Sainte Thérèse en contrepoint de celui des Lices, Villejean et sa fac. Mais cet ouvrage ne se veut ni nostalgique, ni touristique, plutôt une photographie d'une ville bien dans sa région et son continent. On sent une ville ouverte à la rencontre, à l'amitié. Une ville d'humanistes dont Jacques Josse fait assurément partie. Un bel hommage à une belle ville de poésie.

"Terminus Rennes"
Jacques Josse 

lundi 6 février 2012

Chantal Dupuy-Dunier

Dans son dernier ouvrage, publié par Yves Perrine (éditions La Porte), Chantal Dupuy-Dunier nous emmène sur un Titanic qui vient coïncider bizarrement avec le naufrage du Concordia. Mais ce livre va au-delà du fait divers et de l'hommage à cet orchestre magnifique, dirigé par Wallace Hartley, qui ne cessa de jouer pendant la catastrophe. C'est aussi une réflexion sur le voyage et comment l’aborde le poète : une traversée dans les coursives du poème avec " tant et tant de portes à ouvrir / et tous ces couloirs comme des veines nouvelles ". Ces voyages qui " nous portent plus loin que notre finitude / tellement plus loin / que le mot loin paraît étroit ".
Au loin, les îles, des oiseaux inconnus, " Des enfants poussent un bateau en papier dans le caniveau ". Au loin, " L'air aura un goût différent / et l'oubli sera plus vaste. " Au loin, " Nous lacérerons le mot banal /en fins rubans tissés de fils d'or ". Belle définition d'un autre tourisme

Mais ce livre est aussi une réflexion plus profonde sur le rôle du poète qui continue à écrire dans la tourmente du monde. Pascal Quignard, placé en exergue, nous le redit ; " Tous les matins du monde sont sans retour ", alors avec Chantal Dupuy-Dunier continuer à "sortir les poèmes de nos poches ".


Et l'orchestre joue sur le pont qui s'incline
Chantal Dupuy-Dunier
éditions La porte
3 euros
Contact : Yves Perrine 215 rue Moïse Bodhuin 02000 LAON



mercredi 11 janvier 2012

Nono, de Thierry Le Pennec

Louis Dubost a eu son "Pas revoir" de Valérie Rouzeau. Que soit donné à Yves Landrein le même succès avec ce "Nono" de Thierry Le Pennec. Cet ouvrage édité en 2009, vient de recevoir le Prix Eugène Livet 2011 et ce n'est que juste récompense.

Ici la mort, c'est celle du frère. La mort, cette "cavale blanche" bien connue des brestois. Une mort qui touche une fratrie de sept. La mort vue par un homme et son quotidien. Tout de suite, on a envie d'être ami avec cette fratrie. Il y a de l'amour, de l'humour, de la musique et des mots chez ces gens-là. Et toujours la nature, si chère à Thierry Le Pennec.

Une mort en plein milieu pour dire aussi l'après. Le retour dans sa maison, la première Toussaint, le travail avec le fils, l'écoute des chansons aimées ensemble, l'amour aussi et le souvenir, tout le souvenir.

Après avoir lu ce livre, écoutez le sublime Denez Prigent et sa chanson "Gotorz A Ran" associée à ce livre, c'est lui qui vous fera pleurer. C'est ici :
http://www.deezer.com/listen-2292979


éditions La Part Commune
http://www.lapartcommune.com

mardi 3 janvier 2012

L'Heure dite, d'Henri Deluy

DeluyAvec  L'heure dite  édité dans la belle collection Poésie/Flammarion, Henri Deluy poursuit le mouvement engagé avec  Arbres noirs . L'heure est donc au bilan. Des voyages, des amis, des poètes, des instants, des parfums, bref, tous ces moments-clefs d'une existence bien remplie, de poète engagé dans la transmission du fait et de l'action poétique. Mais rassurez-vous, ce bilan-là, n'est pas triste, Henri Deluy cherche plutôt à en rechercher l'intensité pour en tirer un magnifique ouvrage-fragments.
Des voyages donc. De Budapest à Riga, d'Alger à Moscou, en passant par Venise, Kaboul, Recife et la Chine. Et plus encore, une tour du monde en une "géographie affective". Voyager "Et ne pas être heureux / Enfin". Voyager à la recherche de la langue, d'une écriture. Cette "langue apatride" qui fait se reconnaître les poètes. "Et / Ailleurs / Sans doute / Un lendemain / Les mots". Le retour pour écrire car "Ce que tu écris / Tu l'écris plus tard / Quand c'est propre / Quand l'obscurité / Ou l'événement / Un sentiment après l'autre".
Des petits instants aussi, ponctués par les minutes qui enchaînent le temps. Mais des instants importants, juste esquissés de quelques mots. Le dénuement pour fuir l'anecdote et toucher l'universel.
Les poètes sont nommés Anna Maria van Soesbergen, Carlos Drummond de Andrade, Pablo Neruda, Bertolt Brecht, Yannis Ritsos, Aragon, Nerval, Hikmet, Tzara, Maïakovski, Adriaan Roland-Holst, Saskia de Jong, Laco Novomesky, Samira Negrouche, Guillaume Apollinaire, Juan Gelman, Violeta Barrientos Silva, Lorca, Césaire, Adilia Lopes, Pierre Reverdy. La liste est longue mais il est bon de nommer les poètes. Même les moins connus pour les immortaliser dans les moteurs de recherche. Cette poésie-monde qui s'affranchit des latitudes.
Et puis, Gérald Neveu et Marseille, l'exacte coïncidence entre un lieu et deux auteurs. Le Marseille de Deluy et Neveu ce concentre entre la rue Breteuil et le cours d'Estienne d'Orves. "Le paysage / Non /Pas le paysage / C'est un peu lourd / C'est un peu vague / Il n'y a / Rien / Derrière les mots / Le nom / Au coin de la rue".
Et puis encore Danielle Collobert, cette étincelle poétique trop vite éteinte. Danielle Collobert, n'oubliez pas ce nom, dans la complicité du voyage. "Voyager. Pas mal. Ne pas séjourner. Pour l'écriture aussi la terre est vaste. Ronde. C'est la mort, en fin de compte, qui s'isole."
Et puisqu'il faut bien terminer, à l'heure dite, le livre se referme sur ce "dernier corps / dernière solitude"…
Bref, un livre du présent et non du passé, le bilan d'un homme tout entier tourné vers la "besogne des mots". De magnifiques fragments de vie au service de la poésie. 



article publié le 8 novembre 2011 sur le site Poezibao