lundi 6 février 2012

Chantal Dupuy-Dunier

Dans son dernier ouvrage, publié par Yves Perrine (éditions La Porte), Chantal Dupuy-Dunier nous emmène sur un Titanic qui vient coïncider bizarrement avec le naufrage du Concordia. Mais ce livre va au-delà du fait divers et de l'hommage à cet orchestre magnifique, dirigé par Wallace Hartley, qui ne cessa de jouer pendant la catastrophe. C'est aussi une réflexion sur le voyage et comment l’aborde le poète : une traversée dans les coursives du poème avec " tant et tant de portes à ouvrir / et tous ces couloirs comme des veines nouvelles ". Ces voyages qui " nous portent plus loin que notre finitude / tellement plus loin / que le mot loin paraît étroit ".
Au loin, les îles, des oiseaux inconnus, " Des enfants poussent un bateau en papier dans le caniveau ". Au loin, " L'air aura un goût différent / et l'oubli sera plus vaste. " Au loin, " Nous lacérerons le mot banal /en fins rubans tissés de fils d'or ". Belle définition d'un autre tourisme

Mais ce livre est aussi une réflexion plus profonde sur le rôle du poète qui continue à écrire dans la tourmente du monde. Pascal Quignard, placé en exergue, nous le redit ; " Tous les matins du monde sont sans retour ", alors avec Chantal Dupuy-Dunier continuer à "sortir les poèmes de nos poches ".


Et l'orchestre joue sur le pont qui s'incline
Chantal Dupuy-Dunier
éditions La porte
3 euros
Contact : Yves Perrine 215 rue Moïse Bodhuin 02000 LAON



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