jeudi 30 août 2012

« des cailloux qui flottent » de François de Cornière

VOILA

Par la fenêtre de mon bureau
un cerisier un mur
et des immeubles.

Ecrire pourtant mon horizon.

*

Le soleil donne sur le tapis.
Ma chienne sursaute
après les mouettes.

Et moi après les mots.

*

Rangée de livres derrière ma tête
contre le mur
qui lisent par-dessus mon épaule

et me soufflent parfois.

*
Notes en arrêt sur un carnet.
A la même place sur l’étagère
ou sous la main.

Attendent mon heure.

*

Lettres classées triées gardées
dans un dossier
comme des photos pour un album.

Me reconnaître moi ou un autre.

*

Silence du poste quand j’écris.
Seules des voitures
un peu plus loin

tracent des traits.

*

Sur le divan sous la fenêtre
l’amour parfois
qui fait tomber les mots faciles

qu’on n’écrit pas.

*

La cheminée en plein été.
Quand il pleut sur le jardin
les gouttes y tombent

et laissent des marques.

*
La lampe la nuit.
Et quand tout dort
dans la maison

les mots qui sortent.

*

Derrière la cloison
j’entends ma fille rêver
et tourner les pages

que nous avons signées.

*

Un jour ou l’autre
plier une feuille ouvrir une porte
l’instant venu de dire

voilà.



Extraits de « des cailloux qui flottent » de François de Cornière, éd. Le Dé Bleu

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