lundi 8 octobre 2012

77 poèmes et des poussières d'Olivier Cousin

FACE A L'IROISE

A la pointe sud-ouest d'Ouessant
lande où le mauve s'acharne sur le vert
une parcelle parfaite d'Armorique
pour relire Beckett et ses hommes sans voie
En mire rayonne un roi chahuté par les flots
Le phare de la Jument à la rouge couronne
guide de son sceptre-spectre de majesté
les insolents qui tentent encore d'aller
oublier le monde à Tír na nÓg

Sur le continent à la renverse du soleil d'été
entre Saint-Samson et Penfoul
la mer ne veut rien partager avec la lande
Elle talocherait les rochers
recouverts de giroflées sauvages
s'ils n'étaient placés sous la protection 
de saint Conservatoire-du-littoral
Parfait que c'est - matt pell' zo -
pour replonger dans les pages d'Yves Elléouët

Un vieux ciel zébré de rose tire sa révérence
à la petite fontaine votive sur la dune
et à la source qui n'arrive pas à se faire entendre
- Qui la prendrait au sérieux dans ces parages?
Comme si saint Samson pissotait dans les vagues - 
Oyez mon remède pour amadouer l'Iroise
j'écoute deux fois plutôt qu'une
les chroniques qu'elle entend proférer
(Mais à la nuit tombée c'est une autre histoire)


Extrait de "77 poèmes et des poussières" d'Olivier Cousin, éditions La Part Commune


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