mercredi 17 avril 2013

"Dans l'interstice" de Jean-Michel Maulpoix

Griffe encore la page blanche
Tourne les clés de l'impossible
Ton cœur est une serrure qui rouille
Souviens-toi de ce que tu as ailé
A ce prix tu pourras survivre.

Si importuns soient-ils
Les mots sont tout ce qu'il te reste
Habille-toi de leurs linges.

*

Nulle part il n'est de ciel à ta convenance
No de terre qui attende tes os
Ni de corps qui te délivrera
Ni d'âme dont tu puisses espérer te vêtir.
Tu vis dans l'interstice
Entre la poussière et les dieux
Coincé. Les doigts pris dans la porte.
Le cri que tu pousses ne réveillera personne.

*

Nous sommes les naufragés de la langue.
D'un pays l'autre nous allons, accrochés aux bois flottés
de nos phrases.
Ce sont les restes d'un ancien navire depuis longtemps fracassé
Mais le désir nous point encore, tandis que nous dérivons
De sculpter dans ces planches des statuettes de sirènes
aux cheveux bleus
Et de chanter toujours avec ces poumons-là
Laissez-nous répéter la mer
N'inventez point de procès stupide au grand large.


"Dans l'interstice", Fata Morgana, 1991

lundi 15 avril 2013

"La cendre des jours" de Bernard Mazo

La parole du poète
nous accompagne

parfois elle nous précède

mais jamais assurée
d'elle-même

elle n'a pour toute certitude
que d'inscrire

une empreinte éphémère
au cœur des jours

extrait de "La cendre des jours"
éditions Voix d’encre