mardi 7 juin 2016

Guénane – Au-delà du bout du monde





Au-delà du bout du monde il y a « la fin de la terre » qui « n'est pas le début du ciel ».

Au-delà du bout du monde il y a les « houles des Cinquantièmes Hurlants » et autres lieux pétris de notre imaginaire.

Au-delà du bout du monde il y a le nom insubmersible de Magellan.

Au-delà du bout du monde on peut « embarquer pour l'australité » vers des « tortures géographiques » et une « lumière crue ».

Au-delà du bout du monde il y a des cormorans des albatros, ces poètes qui « déploient leurs talents » « dans le lit du vent ».

Au-delà du bout du monde il y a les « lubies du Williwaw » cette « gifle descendue des Andes ».

Au-delà du bout du monde il y a des « courants qui se contredisent » et des mots à y « chaluter ».

Au-delà du bout du monde il y a des « marins et poètes » « passeurs de peines ».

Au-delà du bout du monde il y a une langue yaghane qui se meurt aux bord des « eaux millénaires » où leurs barques savent « décrypter les silences ».

Au-delà du bout du monde il y a « l'éternité à notre portée ».

Au-delà du bout du monde il y a encore les cicatrices de la colonisation « Monsieur Darwin lequel fut pour l'autre l'animal ? ».

Au-delà du bout du monde il y a le « continent qui recule » et la « terre qui s'amenuise ».

Au-delà du bout du monde il y a mille raisons de s'interroger « à quand remonte la souffrance du monde ? » « avons-nous depuis appris à voir ? » « Et vous, quelles traces laisserez-vous ? ».

Au-delà du bout du monde il y a comme une alerte, le « tocsin avant collapse ».

Au-delà du bout du monde il y a la poésie de Guénane, la belle « poésie en voyage » de Yves Perrine.

Au-delà du bout du monde doit se placer le poète.







Au-delà du bout du monde

Guénane
éd. La Porte – Poésie en voyage
2015
35 p
3€80 (abonnement 21€ pour 6 numéros à l'adresse Yves Perrine, 215 rue Moïse Bodhuin 02000 Laon)



 Article publié également dans la revue Recours au Poème

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