Articles

Coups portés – Cécile Guivarch

Dans son nouveau recueil «  Coups portés  » éd. publie.net, Cécile Guivarch nous fait retourner vers le passé. «  respirations de tout un siècle ou deux de générations qui se succèdent  ». Un passé sans nostalgie, dur, avec une campagne austère comme cadre. Dans un style méli-mélant les anecdotes, le lecteur redécouvre par flash des morceaux d'histoires personnelles cachées, enfouies sous des tonnes de tabous, de rancunes et d'odeurs nauséabondes «  les traces on n'en veut pas quand ça pue  ». Quand poésie et p sychanalyse creusent ensemble les rocs intérieurs... Ces bouts d'instants «  qui sont autant brins bouts des racines  », tout mélangés comme dans nos têtes. Vagues impressions, vagues témoignages d'aïeux disparus, tout est déjà en nous. Cécile Guivarch remue tout cela pour mieux le faire remonter «  tout un art des histoires ces affaires qu'on n'a jamais fouillées dedans  ». On y croise les Pauline, les «  Totor, Aimé...

La face nord de Juliau, cinq – Nicolas Pesquès

C omme d'habitude, commencer la lecture par le début « No man's land ». Et tout de suite après par la fin « Finir une phrase extérieurement ». Déjà y voir une boucle évidente. Puis lire en désordre – luxe de la poésie – piocher au hasard, debout dans la médiathèque. Se dire que ce livre va nous emporter. L'emprunter. Ce livre part de rien donc, ce "no man's land". Et puis tout sortir dans ce miracle de phrases devenues livre. « Se briser le cœur de lire. Se casser les dents d'écrire ». La difficulté d'écrire extérieurement ce qui se dit intérieurement. Partir de rien, le mont Juliau. D'un lointain Jules César. Juliau centre du monde depuis cinq épisodes, depuis vingt ans déjà. Juliau magnifique sur la couverture de Bernard Moninot. Ah l'importance des couvertures! Partir de rien, le jaune. Aussi. Pourquoi pas? Prétexte pour écrire soi. « Ecrire jaune comme on fauche au printemps », « Pré-texte comme nature ». ...

"Frédéric Renaissan" d'Eric Sautou

On sentait du froid hier soir à Beauséjour. Non pas dans l'homme Eric Sautou qui lit ses textes d'une voix timide mais chaude. Ni dans l'atmosphère ambiante, même si le temps est à la pluie froide, mais dans les mots lu. Ce n'est pas du froid qui renferme – chacun en soi - mais plutôt du froid qui nous obligerait à nous réchauffer. Les mots d'Eric Sautou sont simples – tout comme l'homme - mais font œuvre quand même, une œuvre de bouleversement pour ne pas rester insensible. Dans « Frédéric Renaissan », il y a de la neige, du sang, une forêt sombre, un enfant qui appelle sa maman. On dirait un conte cruel. Une histoire à faire peur. On sent de la souffrance, le froid des cœurs pour un enfant trop petit, tout seul. Tout est dans tout, le « je » dans « neige » (n'ai je?), « Eric » dans « Frédéric ». Il y a aussi un peu de sacré qui vient me troubler encore plus. « Renaissan » : résurrection? « sainte f...

Cou cueilli - François Rannou

Cou cueilli par on ne sait quelle guillotine                            le tomber de lame et la tête qui roule                              verticalité, horizontalité                                                     quel horizon? comme un sens de lecture                                     curieux comme sens de lecture... la mort sur la page blanche,   ...