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Emmanuel Dall'Aglio

La fatigue ne ramène plus rien                   dans ses filets Reste le lit défait de chaque mot.                     * Les corps frôlés, que pèsent-ils en nous? Quels minces secrets déchirés, appelés à d'autres riens?                     * Que de paroles, que de pierres lentes à dévaler, lentes à éclater, lentes à s'instruire, à s'aimer, à s'éprendre comme les arbres balaient le ciel et mon courage.                     * Paroles qu'il faut savoir prélever                 comme avec l'aide de fragiles et savants moulages.        ...

"vaine pâture" de Jean-Claude Pirotte

je ne suis ni tzigane ni gitan je ne suis pas rom je ne suis qu'un homme qui rêve en marchant frère de ceux traqués sans cesse se retrouvent par des chemins détournés frère de ceux qui souffrent et des enfants édentés au rire miraculeux " vaine pâture " Jean-Claude Pirotte Le Mercure de France

"Dans l'interstice" de Jean-Michel Maulpoix

Griffe encore la page blanche Tourne les clés de l'impossible Ton cœur est une serrure qui rouille Souviens-toi de ce que tu as ailé A ce prix tu pourras survivre. Si importuns soient-ils Les mots sont tout ce qu'il te reste Habille-toi de leurs linges. * Nulle part il n'est de ciel à ta convenance No de terre qui attende tes os Ni de corps qui te délivrera Ni d'âme dont tu puisses espérer te vêtir. Tu vis dans l'interstice Entre la poussière et les dieux Coincé. Les doigts pris dans la porte. Le cri que tu pousses ne réveillera personne. * Nous sommes les naufragés de la langue. D'un pays l'autre nous allons, accrochés aux bois flottés de nos phrases. Ce sont les restes d'un ancien navire depuis longtemps fracassé Mais le désir nous point encore, tandis que nous dérivons De sculpter dans ces planches des statuettes de sirènes aux cheveux bleus Et de chanter toujours avec ces poumons-là L...

"La cendre des jours" de Bernard Mazo

La parole du poète nous accompagne parfois elle nous précède mais jamais assurée d'elle-même elle n'a pour toute certitude que d'inscrire une empreinte éphémère au cœur des jours extrait de " La cendre des jours " éditions Voix d’encre

"Ce pays du silence" de Charles Juliet

  quand le doute tranche mes racines quand le dégoût pourrit ma terre quand la détresse ensable mes yeux corrompt mes mots tarit la source ***** toi dont le visage est le miroir où se dénude mon visage prends ma terre humecte-la de tes eaux et pétris-la façonne-la imprime-lui ta ressemblance puis tends vers moi le miroir où mon visage a tes traits

"La face nord de Julliau huit, neuf, dix" de Nicolas Pesquès

Les mots ne nous donnent pas les choses ils nous les enlèvent ils nous enlèvent les dire et les dire : c'est les faire être autrement le temps qu'ils créent, l'espace qu'ils leur accordent sont peut-être les seuls qui existent vraiment à côté de nos illusions

Visages de l’Echelle de la Chaise et du Feu de Serge Pey

XI Mére encore maintenant que je suis mort veux-tu       scier mes pieds pour   les    faire pousser dans la terre Mon visage avale ton ombre en mettant le feu au feu et la pierre à   la pierre et fait tourner un serpent comme         un cerceau de peau Car mon nom  a besoin d’un visage pour que   je    puisse l’appeler dans   le    plein minuit de la lumière Mon père fait un trou dans le jour et crie  avec  un verre d’eau dans   la    main gauche et    une   torche dans la droite Mon père met   le   feu   au paradis et   veut  éteindre l’enfer car   il  a   trouvé ce qu’il cherchait sur  la  frontière ...