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Georges Bonnet

L'été s'en va laissant ses yeux son parfum d'herbes et d'eau Comme dans les années rondes les pommes sont belles la rivière nue une bouteille au soleil lisse ses plumes Quelques fleurs atténuent  la fatigue de l'église * Vergers asservis Christs noirs palissés sur les murs L'horloge infirme s'appuie contre l'armoire le jardin du presbytère est nu par sainteté La modestie des choses engendre le silence Georges Bonnet Tout bien pesé le dé bleu

Thomas Vinau

Nous ne sommes que des hommes Nous ne sommes  que des hommes et les pigeons ne sont que de grosses pierres grises qui ont appris à se méfier du sol  * La marque du collier Nous sommes  des chiens qui parlent truffes plantées dans le cul des étoiles éperdument perdus de n'avoir pas de maître * Au cœur de la cible Les oiseaux sont des lanceurs  de couteaux leurs lames de verre se plantent dans la lumière Thomas Vinau Juste après la pluie Alma éditeur

Marie-Josée Christien

Temps morts de Marie-Josée Christien* Après Les extraits du temps , Marie-Josée Christien vient de publier, aux éditions Sauvages, Temps morts . Eloge de la lenteur prévient-elle mais bien plus que cela assurément. Pierre Maubé dans sa préface le dit bien «  La parole de Marie-Josée Christien prend racine dans nos renoncements intimes, elle épanouit ce qui chez nous mourait de ne pas être dit, elle incarne ce que nous rêvions de révéler au monde  ». Ces temps morts sont ces instants de rien qui passent sans que l'on s'en aperçoive. L'une des missions du poète n'est-elle pas de nous montrer l'invisible ? «  La lumière / ployant sous l'hiver  ». Ces talus qui «  ensemencent d'échos / le flux des voix  ». «  L'ardeur de la marche  » ce «  voyage futile / dont il ne reste que quelques syllabes  ». La pluie aussi qui « s culpte l'âme / à vif / sous une voûte de transparence  ». Voyager, marcher, ob...

Fabrice Caravaca

extraits de La Vie de Fabrice Caravaca, édition Les fondeurs de brique, 2010 : Page 17 : Nous avons du souffle et nous sommes fidèles. Nous nous sentons frères et nous sommes du parti des accolades et des baisers. Nous sommes vraiment vivants et dans chaque seconde de nos éternités nous palpitons. Nous ne nous accrochons pas aux futilités. Nous sommes convaincus et nous ne nous racontons pas d’histoires. Page 20 : Aux étoiles qui poussent le ciel et à la lumière qui dérobe les trous noirs nous faisons des saluts fraternels. Nous sommes en haut de la montagne mais nous connaissons tous les souterrains et nous nous réchauffons à la lave en fusion des volcans. Nous avons déjà voyagé au centre de la planète. Page 36 […] Nous avons en nous tous les mots des poèmes lus ou entendus. Ils vibrent et sont lumière. Ils déchirent le voile posé sur les choses. […] Page 40 : […] Chaque mot entendu sa...

Jean-François Mathé

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Lecture d'un poème exposé dans la vitrine de la Maison Internationale des Poètes et des Ecrivains de Saint-Malo (ville où il a reçu en 2013 le Grand Prix International de Poésie Guillevic-Ville de Saint Malo pour l'ensemble de son oeuvre).

Jean-François Mathé

Chaque nuit devant ma porte revient se coucher le même chemin. Chaque matin il attend que mes souliers lents avec eux l’emmènent. Et derrière moi, pour me remercier, je sais qu’à mon ombre il apprend la danse et le cloche-pied. Jean-François Mathé (inédit)

Passerelle, d'Erwann Rougé

Si cela existait, tous les poètes bretons, ces « bons compagnons de l'océan » dont parlait Guillevic, seraient des « poètes de la Marine » comme il existe des « peintres de la Marine ». Erwann Rougé, avec son dernier ouvrage "Passerelle - Carnet de mer" publié chez L'Amourier, y signerait son entrée de la plus belle façon. Mais fuyant la caricature, c'est bien plus qu'une étiquette-cliché que nous propose ici Erwann Rougé. La mer débarrassée de son excès de sels lyriques y gagne en force, sincérité et en émotion. Ici les îles au trésor, c'est en soi qu'il faut les chercher. Les Boscos  les Capitaines aussi. Situé par Bernadette Griot des éditions l’Amourier « entre recueil et récit », il s'agit tout simplement de poésie. Une poésie écrite à même le blanc de la passerelle d'un navire, à même l'écume fracassée en sillage. Passerelle donc, un titre à plus d'un titre certainement. Passerelle pour notre embarquement sans doute mais au...