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Louis Bertholom - Gaëls

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LES PORTES DE L'OUBLI Portes bleues blanches jaunes vitres secrètes rouges que traversent les lampes Façades de musées aux entrées nirvanesques             que cachent-elles             dans la course des taxis             des maisons mauves ? Appel d'un ailleurs quand la pluie ricoche             sur les tuiles rousses Des colonnes extravagantes promettent             des paradis de « spirits » tourbeux Pousser ces portes charnues              de l'oubli à la fraternité              où philosophies de tout de rien               s'évaporent au whiskey Égl...

Nicolas Le Golvan – Psaume des psaumes

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Avant d'ouvrir ce livre intitulé Psaume des psaumes , j'appréhende de ne rien y appréhender justement. J'ai peur que ma volonté de me maintenir à l'écart de toute religion me soit un handicap pour apprécier ce nouvel ouvrage publié par les éditions La Sirène étoilée. Mais bon, je suis vite plongé dans la mort d'un David que l'auteur tient à ne pas présenter précisément. Mais avec ce titre on est obligé de penser à ce roi David, présent à la fois dans la la Torah, la Bible et le Coran. Et si la poésie pouvait réunir les trois religions dans une même vision de la mort injuste ? Et si l'amour quel qu'il soit était chanté par tous ? David le bien aimé est mort. Son amant est partagé entre le désir de rendre hommage «  Comme si on devait aux morts ces égards et ces vers que personne n'a donné aux vivants  » et celui de garder le silence  « Et pourquoi donc parler ? / le silence suffit au feu à disposer de toi  ». Il veut s'appliqu...

Jacques Josse - Au célibataire, retour des champs

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En treize poèmes datés du 25.11.2013 au 13.03.2014, Jacques Josse poursuit son travail d'élégie aux petites gens, dans un petit ouvrage, édité par Julien Bosc dans un format qui n'est pas sans faire penser aux plaquettes rouges des éditions Wigwam , qu'animait Jacques Josse il y a quelques années. Jacques Josse, «  arpenteur de solitudes  » selon le regretté Ronald Klapka, évoque ici avec pudeur le quotidien d'un de ces anonymes à la «  vie rêche  », comme hors du temps au «  visage torturé  » et aux «  yeux éteints  », un de ces transparents qui traversent le monde avec «  sa part de ténèbres. Son feu intérieur  ». Ces gens de la campagne avec «  l'horizon à hauteur des talus  », si souvent moqués et pourtant si remplis d'humanité et à l'âme toute aussi noble. [...] Demande au cheval mort qui tire depuis toujours dans sa mémoire la même charrue aux socs usés de continuer à lui labourer le crâne ...

Guénane – Au-delà du bout du monde

Au-delà du bout du monde il y a « la fin de la terre » qui « n'est pas le début du ciel ». Au-delà du bout du monde il y a les « houles des Cinquantièmes Hurlants » et autres lieux pétris de notre imaginaire. Au-delà du bout du monde il y a le nom insubmersible de Magellan. Au-delà du bout du monde on peut « embarquer pour l'australité » vers des « tortures géographiques » et une « lumière crue ». Au-delà du bout du monde il y a des cormorans des albatros, ces poètes qui « déploient leurs talents » « dans le lit du vent ». Au-delà du bout du monde il y a les « lubies du Williwaw » cette « gifle descendue des Andes ». Au-delà du bout du monde il y a des « courants qui se contredisent » et des mots à y « chaluter ». Au-delà du bout du monde il y a des « marins et poètes » « passeurs de peines ». ...

Laurent Girerd – Le Millier d'arbres sous le regard

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Quand Laurent Girerd se fixe comme mission de rendre aux cerisiers les pétales envolés, l'on se dit qu'il y aura bien de la poésie dans ce nouveau tirage des éditions Le temps qu'il fait. Faire mission d'un impossible n'est-il pas ce qui honore l'écrivain ? Et quand celui-ci s'astreint quotidiennement à «  faire ses exercices d'admiration  » nul doute que l'écrivain se fait poète. Avec ce voyage au Japon, Laurent Girerd souhaite aller fêter Hanami, le retour sacré du printemps où les japonais, se rassemblent sous les «  nuages roses et flottants » des cerisiers en fleurs. Dans ce recueil de courtes proses poétiques, Girerd ne cherche pas à fabriquer une énième japoniaiserie haïkisante. Car, même si j'aime sa fulgurance et sans faire de basho bashing, je commence à me lasser des haïkus. Sans doute qu'à force d'ateliers d'écritures, il s'est tellement répandu qu'il en a perdu justement sa fulgurance... Ici, sur...

Sabine Péglion - Le nid

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Dominique Sierra, directrice des éditions la tête à l'envers, vient de publier le dernier ouvrage de Sabine Péglion, Le nid . Une élégie bouleversante. « L es enfants ont quitté la maison, le nid est vide désormais  » C'est par cette phrase entendue par l'auteure que commence ce livre avec un texte introductif nous donnant sans doute quelques clés de lecture. Mais dès les premières strophes, le lecteur sent que ce nid n'est pas que le cocon douillet duquel les enfants s'envolent, mais qu'il annonce quelques profondes souffrances : « Attente ou résignation / il hésite […] Ombre noire déchiquetée / transpercée d'étoiles // elles y sombrent / une à une » Car le nid se fabrique avec de petites brindilles et des plumes mais aussi avec les branches noires de la souffrance : «  En toi / gît à présent ce nid / suspendu //matrice indéfectible / nid vide / inflexible au centre / de toutes tourmentes. » Vus du nid « l es visages d'enfan...

Jean-Luc Despax - 9.3 blondes light

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Despax fume un max. 93 cigarettes sans dormir (un peu moins que les 113 du pote-poète HFT, lui aussi Très Haute Tension dans les mots. Oh mais laisse allumé tes clopes en ce monde clopin-clopant. 93 cigarettes, calibre 9.3, fumer tue (les espagnols plus prudents : fumar puede matar). Écrire nuit gravement à votre santé et celle de votre entourage. Une cigarette allumée éclaire les visages, et si le poème en faisait autant? Dans son dernier livre, Despax allume, il allume les visages de leur feu intérieur, allume les regards sur le monde actuel et ses zones d'ombres parfois érogènes. Ici on ne chipote ni ne vapote avec un ersatz de pensées light. Tout est dit cash. La libre circulation des biens et des malles de billets. La libre circulation des hommes mais pas de leurs idées. Liberté de penser/fumer. Société de consommation, consolation à la con, cons sommés de consommer. Despax crame du poème pour se moquer des incultures ("le coca zéro de l'écriture"... ) ...