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Jacques Josse - Marco Pantani a débranché la prise

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Après s’être retourné sur son passé avec Liscorno et les balades littéraires à Rennes et Nantes, Jacques Josse, écrivain rennais, nous propose dans son nouvel ouvrage de découvrir Marco Pantani, cycliste à la carrière interrompue prématurément par les affaires de dopage et à la vie courte également qu’il a choisi d’interrompre le 14 février 2004 à l’âge de 34 ans. Dans un style simple et dépouillé, et dans toute l’humanité qui est la sienne, Jacques Josse renoue avec une littérature sportive qui s’est difficilement remise de la disparition d’Antoine Blondin. Bien sûr il y a eu le Jacques Anquetil de Paul Fournel et le Luis Ocana de Hervé Bougel, le Zatopek de Jean Echenoz, mais Jacques Josse dresse un portrait attachant d’une étoile filante sportive, illuminant de courage, ayant dû subir de nombreuses épreuves douloureuses, et toujours remontant sur la selle en serrant les dents. Sauf ce jour de Saint Valentin 2004 où, acteur de sa propre sortie de route dans la desc...

Gilles Plazy, "Paul Gauguin, l’insurgé solaire"

Depuis l’«  Ut pictura poesis  » de Horace, il est de tradition pour un auteur d’écrire sur la peinture, un peintre ou toute autre forme d’art. Gilles Plazy est poète et peintre et vient nous réjouir d’un nouvel ouvrage intitulé Paul Gauguin, l’insurgé solaire. Les connaisseurs n’apprendront rien de la vie de Gauguin. Le propos de Gilles Plazy n’est pas d’en publier une biographie, ni d’en faire un roman. Il s’agit plutôt de faire revivre l’artiste, dans un je qui dirait tout de l’âme, peut être mieux que Gauguin lui-même. Pendant de courts instants, voir avec les yeux de Gauguin, sentir avec lui, s’énerver comme lui, ressentir sa vie et non pas l’observer. Entrer par affection dans la tête de cet artiste sans racines parti cueillir la fleur de tiaré. Gilles Plazy nous permet de découvrir un Gauguin tout en douleur et en partir depuis l’enfance, puis plus tard tout en rupture avec ses pairs artistes, sauf Van Gogh. Il veut briser les co...

Bernard Noël

                      je n'écrirai plus disais-je et tu me répondais il faut que vive de nous ce qu'aucune peau ne protège et qui n'a même pas de chair pour en mourir Bernard Noël La Chute des temps Poésie / Gallimard

Titos Patrikios

MA LANGUE Ma langue ne m'a pas été facile à garder au milieu des langues qui allaient la dévorer mais c'est dans ma langue que je continuais à compter dans ma langue que j'amenais le temps aux mesures du corps dans ma langue que je multipliais la volupté jusqu'à l'infini en elle que me revenait à l'esprit un enfant avec la marque blanche laissée par un caillou jeté sur sa tête rasée. Je m'efforçais de ne perdre pas même un de ses mots parce que c'est dans cette langue que me parlaient même les morts. Titos Patrikios Sur la barricade du temps Le temps des cerises

Alain Roussel, Le Labyrinthe du Singe

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Alain Roussel est un enchanteur onirique, exhausteur d'imagination comme on parle d'exhausteur de goût, de ces allumeurs d'univers qui marquent dès la première lecture. Mais c’est aussi un raconteur qui sait manier le style et les mots du poète. Son dernier livre Le Labyrinthe des Singes n’est pas à proprement parler de la poésie mais comme souvent dans sa collection « piqué d’étoiles » qu’il dirige pour les éditions Apogée, Jacques Josse aime à y publier des auteurs qui ont la poésie en eux. D’ailleurs, un roman dont le premier chapitre s’intitule « un coup de dés » n’est forcément pas loin de la poésie. Et ce livre, avec ce mélange d’humour et de poésie, et la même effervescence des mots, ne nous fait pas regretter le choix d’Alain Roussel d’avoir eu recours au roman et non au poème. Et puis, quelle bonne surprise ces brèves apparitions de Joë Bousquet, Henri Michaux et Petr Král ! Ce labyrinthe, publié donc par Apogée, est en fait un dédale jouissif, u...

Habiba Djahnine

Sur les chemins, le bitume, les pavés Gisent des êtres qui souffrent de l'attente Des êtres que nos terres ne contiennent plus La mer du milieu les absorbe Les happe, les rejette sur les rivages incertains Dans l'autre continent, sans amour, sans sépulture [...] *** De quel silence demain sera-t-il fait? Quels seront nos bruits de fond? De quelle couleur seront nos solitudes? Nous avons construit des villes pour être assiégés Des maisons pour être assignés à résidence Des idéaux pour nous assassiner Des refus pour remplir le ciel d'un vacarme       assourdissant Où sont nos villes? Où sont nos hommes, nos femmes, nos enfants? Nos vieilles et nos vieillards? Où sont-ils? Nous avons si bien appris à être des martyrs Que rien d'autre ne semble nous émouvoir Les vivants sont là! Abasourdis, coupables, silencieux ou bavards Les vivants sont là dans tous les pays Ils parlent, ils crient, ils pleurent, ils meurent. Nous avons si bien appr...

Paul Quéré

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couche par couche effaçant le vide sondant des possibles non encore imaginés refusant l'enfermement dans la redondance des formes de l'objectivité naturalisante les empaillements de l’œil disant la ligne comme une fuite d'avance comme un recul constant de l'horizon la main proposant le tracé l’œil justifiant ou non veillant à l'habitation des noirs et des blancs pour affirmer la présence des formes et des couleurs considérant le motif comme une opportunité picturale peinture sans préalable Texte et peinture : Paul Quéré Poèmes celtaoïstes Éditions Sauvages