mardi 19 janvier 2016

Jean-Luc Despax - 9.3 blondes light

Despax fume un max. 93 cigarettes sans dormir (un peu moins que les 113 du pote-poète HFT, lui aussi Très Haute Tension dans les mots. Oh mais laisse allumé tes clopes en ce monde clopin-clopant. 93 cigarettes, calibre 9.3, fumer tue (les espagnols plus prudents : fumar puede matar). Écrire nuit gravement à votre santé et celle de votre entourage. Une cigarette allumée éclaire les visages, et si le poème en faisait autant?
Dans son dernier livre, Despax allume, il allume les visages de leur feu intérieur, allume les regards sur le monde actuel et ses zones d'ombres parfois érogènes. Ici on ne chipote ni ne vapote avec un ersatz de pensées light. Tout est dit cash. La libre circulation des biens et des malles de billets. La libre circulation des hommes mais pas de leurs idées. Liberté de penser/fumer. Société de consommation, consolation à la con, cons sommés de consommer. Despax crame du poème pour se moquer des incultures ("le coca zéro de l'écriture"... )
Le temps d'une cigarette s'approprier l'instant. Photographies slammées, en rime ou pas, en rythme et en humour assurément. Le monde entier s'échappe de ces volutes surprises au coin fumeur. La poésie toute entière dans tous les lieux les plus improbables (grand aquarium, magasin d'antiquités, chez MacDo ou à Lisbonne, Amsterdam ou Magny les Hameaux, etc.)
Despax, pour une écriture à réaction poétique et politique salutaire. Et en refermant cet ouvrage se dire qu'il serait bon de pouvoir arrêter la connerie comme une cigarette.
9.3 blondes light
Jean-Luc Despax
Préface de Serge Pey
Le temps des cerises
150 pages
12 €



 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire