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Chantal Dupuy-Dunier - La langue du pic vert

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Il y eut Birdy , d'Alan Parker, tiré d'un roman de l'écrivain américain William Wharton ou quand le rêve devient folie. Pouvoir voler comme un oiseau à toujours été présent dans l'esprit de l'homme. Être en capacité à communiquer avec les animaux également. La recherche de l'envol est pareillement une constante chez les poètes, et Chantal Dupuy-Dunier, poète à la trentaine d'ouvrages édités, qui publie La langue du pic vert , son premier roman, aux éditions La déviation, y multiplie les métaphores. Né dans la mort de sa mère, Sylvain vit avec son père atteint de la maladie d'Alzheimer. Son secret à lui, n'est pas un jardin mais un bois auvergnat où il a un rendez-vous avec un pic vert, fasciné par les coups de bec qu'il martèle dans le tronc d'un vieil arbre. La terre d'Auvergne, que l'autrice connaît bien, fait à cette histoire un écrin d'authenticité. Les lecteurs de Bernard Werber y trouveront sans doute quelques similitude...

Jean-Jacques Rousseau et la vie simple

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  A chaque élection est soulevé le désintérêt des français pour la politique. Et si cette désaffection était plutôt due à la pauvreté des débats, plus orientés vers la recherche de punch-line que sur les projets et les idées ? Spécialiste de l’œuvre de Rousseau, Cécile Hellian s’intéresse à la philosophie politique ainsi qu’à l’analyse de la reproduction des inégalités sociales. Elle enseigne dans un lycée de l’académie de Lyon. Actuellement doctorante à l’EHESS, elle a su expliquer, dans son dernier ouvrage, intitulé Jean-Jacques Rousseau et la vie simple, avec un langage clair, en quoi l'idéal rousseauiste peut encore rester moderne. Cet ouvrage pourrait être un élément de réflexion à mener par chacun de nous, et en particulier pour la jeunesse... Faut-il courir à tout prix vers le progrès ? La croissance est-elle un but en soi ? Faut-il continuer d'accumuler des biens et des richesses ? A quoi sert le travail s'il asservit les humains ? Le partage n'est-il pas une no...

Florent Toniello - Foutu poète improductif

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P ublié par les Éditions Rafael de Surtis, dans sa collection "Pour un Ciel désert", Foutu poète improductif , le dernier ouvrage de Florent Toniello, explore en mode-poète le monde de l'entreprise. Mais au-delà de l'originalité de cette démarche, la poésie est bien au rendez-vous. Pourtant qu'y a-t-il de plus éloigné de l'entreprise, de l'économie libé-immorale, de la compétition, que la poésie? Et si les mots du poète pouvaient éclairer les hommes jusque dans leur relation au travail? Et le poète improductif tout comme la vigie, le visionnaire, le philosophe, le sociologue, l'anthropologue, etc. n'est-il pas devenu encore plus nécessaire en ces temps où l'argent est devenu le mètre-étalon d'un soi-disant bonheur? Florent Toniello a bien connu ce monde de l'entreprise moderne, uniquement tournée vers le profit des actionnaires. Son habitude de croquer les travers de ses collègues par de petits textes a sans doute fait de lu...

Lionel Bourg - Prière d'insérer suivi de Cote d'alerte et C'est là que j'ai vécu

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Lionel Bourg, plus qu’écrire, chérit les mots : «  Ce noir crissement dans la neige qui tombe   ». Il a publié en mai un court recueil intitulé   Prière d’insérer suivi de Cote d’alerte , aux éditions La Passe du Vent. Et en octobre, il nous offre à découvrir avec les éditions Quidam :   C’est là que j’ai vécu . Il est intéressant de faire le parallèle entre ces deux ouvrages qui semblent flotter dans un même équilibre. Sa vision du travail d’écrire tout d’abord : « Difficile à éviter, le substantif ne me satisfait toujours pas. “Activité” ne serait pas meilleur, ni “acte”, ni “labeur”. Me résignant à l’utiliser, je garde à l’esprit son étymologie – tripalium, instrument de torture – tout en retenant que l’usage en a fait un concept contradictoire, ambigu, mystificateur  ». Mais en fait, pour Lionel Bourg, écriture ne rime pas avec torture, tous les jours elle est son «  unique joie : vaquer, débroussailler un peu, ramasser un ...

Yves Simon, et tout comprendre de mon adolescence ratée.

J'aime Yves Simon de toute mon adolescence mal fagotée. Il aurait suffit de peu pour en avoir une aussi riche que lui. Je n'ai pas su comme lui ouvrir la barrière de la culture pour m'ouvrir tout le champ des possibles. J'ai mis trop de temps à lancer mes mots au vent de la poésie. Trop coincé dans le quotidien, je n'ai jamais réussi à enclencher le moteur de la manufacture des rêves. J'ai mis trop de temps à savoir la direction vers laquelle embarquer ma vie. Trop peur de me présenter comme différent dans mon milieu. Je rêvais plus de sentiments que de réussite, de jolies phrases que d'argent. Je m'inventais des histoires d'amour platoniques depuis l'âge de dix ans. Je préférais la compagnie des filles, plutôt que celle d'un ballon de foot ou de ceux qui pissent plus loin. Je n'avais que l'écriture en tête mais les mots se bousculaient, s'embouteillaient, de telle sorte que rien d'intéressant ne sortait de ma bouche ou de la ...

Yves Mabin-Chennevière (1942-2020)

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Par les bons soins de Caroline, la bibliothécaire de Corps-Nuds, j’ai pu découvrir le talent méconnu du poète Yves Mabin Chennevière, originaire de cette commune près de Rennes. Talent méconnu même ici… Nul n’est prophète… car ses ouvrages ne sont que rarement empruntés. Décédé le 18 juin 2020, il y a lieu de sortir de l’anonymat quelques-uns des ouvrages de poésie de cet écrivain diplomate. Depuis 1969 et son premier roman L'Usurpé, Yves Manon Chennevière n'a pas essayé de plaire à tout prix avec sa poésie. Il a préféré travailler à son indépendance de tout mouvement littéraire en recherchant l'exigence et l'intelligence. Ami avec Julien Gracq, Gilles Deleuze, qu'il cite en exergue de Méditation métèque « Être un étranger dans sa propre langue », il partage la volonté d'explorer la langue dans ce qu'elle a de plus secret : la magie de la poésie. Toujours pour se démarquer, il se choisit une forme de poème avec toujours trois quatrains d'ale...

Antoine Emaz

Atteindre en mots une certaine intensité de vivre, voilà peut-être ce que je demande à un poème, un livre. Que la vie ait été extraordinaire ou parfaitement banale, vécue par le poète ou non, cela n'a pas d'importance ; on peut faire l'économie du biographique, même si tout vient de la vie et y retourne, autrement. La difficulté vient de ce que les mots seuls, aussi bien que le seul vécu, ne suffisent pas. Une existence (ou un moment, une période de celle-ci) passionnante, tragique, peut se révéler aussi faible poétiquement qu'une poésie exclusivement savante, même à l'extrême de la technique et de l'intelligence. Et on ne sait pas bien où et comment s'opère la fusion entre les deux éléments de vivre-écrire. La confession fiévreuse, survoltée lyrique, est aussi décevante, au bout, que le pur travail, même acharné. Il faut que les deux s'articulent, à l'aveugle. Les années font gagner un peu en savoir-faire, mais ce dernier enlise aussi parfois. Repr...